« Les Gens de Mogador » : Une Saga à Dévorer !

L’histoire prenante de trois femmes sur près d’un siècle, à Mogador, domaine provençal situé près d’Avignon.

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Par contre, je trouve l’adaptation télévisée nettement moins réussie , car elle me semble trop longue, et parce que sa fin (peut-être un brin trop moraliste) diffère de celle écrite par Élisabeth Barbier.

J’ai dévoré tous les tomes (vous pouvez acheter l’intégrale chez Omnibus) vers l’âge de onze ans, après avoir adoré la version courte du feuilleton tv, diffusée  un an plus tôt. Lorsque j’ai revu la saga dans son intégralité une fois adulte (près de trois heures supplémentaires !),  je me suis ennuyée  devant beaucoup trop de scènes inutiles à mon goût, et ai été dérangée par certaines prestations d’acteurs.

Mes personnages préférés sont Julia et Rodolphe, ainsi qu’Olympe, la cousine de cette dernière.

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Si vous voulez vous faire votre propre idée, voici le premier épisode, diffusé pour la première fois en  en 1972. Au passage, je déteste ce générique gnangnan ! Mais, si cela ne vous tente pas, je vous conseille toutefois de regarder une scène où sont réunis Julia, Rodolphe et  Olympe, en espérant que la loyauté de cette dernière vous touche autant qu’elle me touche (de 42 mn 09 à 45 mn 52) :

 

 

Quelques beaux extraits :

…L’amour, le mariage, ne lui avaient pas apporté ce bonheur qu’ils semblaient sous-entendre. Il fallait lutter, lutter sans cesse, s’accrocher aux bribes que l’on en recueillait au fil du temps, et croire qu’un jour, enfin – mais quand ? – on le découvrirait, entier et pur, au bout de la longue quête.

…Tout ce qu’il est bon, et nécessaire d’apprendre, dans la souffrance, les larmes, et l’amertume de se taire, avant d’accepter enfin cette idée que l’on meurt… qu’il vient un jour où ni soleil, ni vent, ni voix aimée, ne vous atteignent plus dans votre corps abandonné, descendu au profond de cette nuit de pierre, et que c’est le repos, et que l’on y consent.

…Voilà bien les femmes ! Impossible de faire devant l’une le moindre éloge d’une autre… Bon Dieu, mon amour, il est entendu que tu es jolie, adorable, spirituelle, au-delà de tout ce qu’on peut rêver, et, de surcroît, douce et charitable comme pas une. Mais je t’en prie, laisse-moi espérer pour mes contemporains que l’on peut dénicher, en cherchant bien, quelques rarissimes échantillons féminins de beauté, ou d’intelligence, à part celui que j’ai le privilège de posséder.

…Ce n’est point la joie qui importe, mais la paix. Cette paix qui naît mystérieusement lorsque l’on est passé par le pire, et que l’on en a fini avec l’espoir.

…Le bonheur ne ressemble guère à l’image que l’on s’en était fait ; et il est le bonheur quand même.

…Comme les hommes pouvaient être cruels, parfois, avec un détachement, une inconscience, qui renforçaient encore le poids de leur cruauté.

 

…Comme si l’essentiel n’eût pas été la terre, la belle terre toujours la même, avec sa parure d’herbes, de ciel, d’arbres et d’eaux. La terre amie sur laquelle on peut vivre quoi qu’il advienne. Comment les autres ne le sentaient-ils pas ? Leur eût-il fallu en être privés comme l’était Julia pour découvrir cette vérité aveuglante que seul compte ce que l’on reçoit d’elle ; que les régimes passent aussi vite que les hommes, au regard du Temps ; et qu’elle demeure la seule certitude palpable d’éternité que nous ayons, la seule mesure que nous puissions en prendre ?

 

…Cette vie mystérieuse, ce fil déroulé sans répit, dont on ignore à quoi il sert, à quoi il mène. « Qui sait ce que l’avenir nous réserve ? » disaient volontiers les vieilles gens qui, déjà, l’avaient derrière eux. Une manière de parler ; de remplir les vides, dans la conversation, avec des phrases toutes faites. « Faites de quoi ? S’ils y pensaient, rien qu’un moment…

…On ne sait rien, ou si peu, de la vie de ses parents. Et l’on ne s’en inquiète pas. Même si l’on soupçonne que l’un ou l’autre a pu n’être pas très heureux.
Comme si rien ne devait avoir importé jusqu’ à votre venue sur cette terre. Comme si l’arbre entier n’avait traversé les saisons avec son aubier tendrement rose devenu, d’années en années, cette noire et sèche carapace des vieux troncs que pour voir mûrir un fruit unique venu à la pointe de sa dernière branche.

…Mais tu as raison : je n’ai pas de morale. Et celui qui m’aimera pourra en remercier mon Créateur ; car, moi, je le ferai passer par d’agréables sentiers dépourvus de pierre. Tandis que vous, les gens vertueux, la morale que vous avez inventée vous sert à persécuter les autres.

…L’on imagine tout, sauf ce qui arrive.

 

Madame Barbier (1911-1996), qui a publié sa saga entre 1947 et 1961, ainsi que trois autres romans, a détesté ce que Robert Mazoyer a fait de son œuvre, peut-être écrite en hommage à  son mari qui, se sachant condamné par le cancer, lui  aurait suggéré  d’imaginer par écrit la vie des filles qu’ils n’auraient jamais ensemble  : Julia, Ludivine et Dominique (snif, snif !)

 

 

 

 

 

 

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