« Les Hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë : Un Roman avec lequel j’entretiens un rapport « particulier »….

En ce jour d’Halloween (ou de Samhain), l’ambiance pluvieuse, la nuit qui tombe vite et le froid m’évoquent la célèbre histoire publiée pour la première fois en 1847.

Avant de commencer ma lecture, il y a environ vingt ans, je m’attendais à ressentir d’intenses émotions (j’avoue être hypersensible, y compris en littérature), mais en parcourant une histoire d’amour, et non de haine ! Ce livre m’a touchée, mais pas comme je l’avais imaginé, pas au « bon endroit ». Depuis, je suis à l’affût de tout ce qui le concerne car il dégage quelque chose de mystérieux, d’ensorcelant même…

Je n’ai pas aimé ce livre, que pas mal de personnes considèrent comme un chef-d’oeuvre, en partie à cause du héros que je trouve haïssable, mais à un point ! Quel sadique !

Je ne suis pas particulièrement friande d’écrits « rose bonbons », mais trop de noirceur et une structure du récit peu convaincante à mon goût m’ont amenée à me questionner sur lui – en particulier sur les principaux protagonistes : Heathcliff et Cathy.

La couverture qui représente le mieux, selon moi, l’aspect gothique du livre.

« ….Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t’ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi… prends n’importe quelle forme… rends-moi fou ! Mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver. Oh ! Dieu ! C’est indicible ! Je ne peux pas vivre sans ma vie ! Je ne peux pas vivre sans mon âme !… »

Mes grandes souffrances dans ce monde ont été celles d’Heathcliff, je les ai toutes guettées et ressenties dès leur origine. Ma grande raison de vivre, c’est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerai d’exister ; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l’univers ne deviendrait complètement étranger, je n’aurais plus l’air d’en faire partie. Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l’hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff ! II est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être. Ainsi, ne parlez plus de notre séparation, elle est impossible.



Si vous souhaitez en apprendre plus sur son autrice et son histoire, je vous conseille vivement de regarder cet entretien, dont je suis tombée sous le charme …au point de me donner envie de relire ce roman : 

La romancière française a préfacé une nouvelle édition du roman, en 2018


Un extrait de la préface  des éditions Robert Laffont : « Il est l’orgueil en personne. Il est l’excès. Il est la foudre. Il est élégant et sauvage. Il est tendre et brutal comme un tranchant de scie. Il s’appelle Heathcliff. De Heathcliff, Emily Brontë a le caractère entier, l’insolence prompte et le refus têtu de se plier aux contraintes sociales dès lors qu’elles ne s’appuient que sur des faux-semblants. De lui, le goût de la lande que, depuis l’enfance, elle parcourt en tous sens, une lande qui meurt l’hiver sous le poids de la neige et les hurlements du vent pour renaître au printemps dans les bruyères roses et les crocus dorés dont elle fait des bouquets. Mais Emily ne partage en rien la noirceur effroyable de son héros, pas plus que sa classe sociale dite inférieure, une classe contre laquelle Heathcliff, l’enfant trouvé, l’enfant sauvage, l’enfant sans nom et sans lignage, se révoltera et se vengera avec un acharnement qui confinera à la démence. »  Lydie Salvayre (2018)

La magnifique chanson écrite et interprétée par Kate Bush (1978) :

J ‘ai regardé plusieurs adaptations et, celle de Coky Giedroyc est – de loin – ma favorite : un peu aseptisée par rapport à son œuvre d’origine (peut-être pour cibler un public familial ?), magistralement interprétée – en particulier par un Tom Hardy extrêmement crédible en démon d’apparence humaine – , c’est un petit diamant noir que je ne me lasse pas d’admirer !

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