Critique de « Comme un conte », de Graham Joyce, (2012)

 J’aurais pu attendre la saison de Samhain pour publier cette critique, mais elle mijote sur le feu de mon chaudron depuis…février ! De plus, la mettre en ligne en été n’est peut-être pas une mauvaise idée, tant le récit sent bon l’évasion et la nature.

Afin de vous donner l’envie de le découvrir, sachez que ce livre a reçu le prix du meilleur roman étranger  aux Imaginales 2015 – seul prix à récompenser la fantasy en France -, ainsi que le British Fantasy Award 2013.

Pour l’anecdote, l’auteur anglais Graham Joyce, décédé à près de soixante ans en 2014, a également co-écrit cinq chansons avec notre Émilie Simon nationale.

Voici un bref résumé de « Comme un conte » (je suis une adepte du « laisser aux gens le suspense jusqu’au bout, Bon Dieu » !) : Tara, adolescente vivant dans un petit village anglais sans histoires, disparaît subitement, et réapparaît vingt ans plus tard au même endroit, durant les pas si lointaines années 2010…

L’originalité de l’histoire de « l’évaporée » et de ses proches est qu’elle peut être considérée à la fois sous un angle cartésien – le livre tend vers le policier ou le thriller – et sous un aspect moins rationnel : la narration fait également place au fantastique.

Il y a plusieurs conteurs – on s’y habitue vite – et des allers-retours permanents entre passé et présent.

Ce livre est un coup de cœur car, en plus d’être très bien écrit (et traduit ?), il aborde beaucoup de thématiques qui me passionnent et me questionnent : les rapports familiaux, la vie dans de petits villages reculés, l’étude du comportement humain, et bien sûr, cette grande part d’onirique et de mystère sans laquelle la vie serait bien ennuyeuse (le titre original est « Some Kind of Fairy Tale »).

Je  me suis attachée à tous les personnages, sauf aux « vilains » (toutefois très charismatiques), et ai apprécié les points de vue du romancier : chacun d’entre nous a le droit d’avoir ses croyances, et notre vision de la vie et du monde est extraordinairement réduite. 

Toutefois, je ne saurais dire si j’ai adhéré à sa critique négative de la science (en particulier de la psychiatrie) car, malgré ma personnalité rêveuse et portée vers l’occulte, j’ai conscience que s’il y a bien une connaissance qui est d’un grand bénéfice à notre monde, c’est celle-là ; et que la perfection n’existera jamais.

M. Joyce a bien potassé le sujet concernant le petit peuple, comme indiqué dans la partie remerciements : c’est un autre point positif, qui permet aux lectrices et lecteurs d’approfondir leurs connaissances du folklore celte !

J’ai hâte de découvrir les autres ouvrages du regretté écrivain, qui m’a permis de redécouvrir le plaisir de me plonger dans une œuvre imaginaire – je ne sais pourquoi, mais je me concentre bien plus facilement sur des sujets réalistes depuis plusieurs années –  et de me faire apprécier les canevas non résolus, moi qui ne supporte pas de ne pas avoir le fin mot de l’intrigue !

« Il arrive, dans la vie, qu’une porte s’ouvre et qu’on distingue l’éclat des reflets sur l’eau, et on sait que si on ne s’y engouffre pas, la porte va se refermer d’un coup, peut-être pour toujours. On peut essayer de se convaincre qu’on avait le choix ; mais peut-être qu’on aurait dit oui quoi qu’il arrive. On était libre de refuser comme on est libre de retenir sa respiration. On aurait dit oui, quoi qu’il arrive. »

« Traditionnellement, les fées représentent une violation des mœurs sexuelles de la société. Elles sont la force sauvage qui nous murmure à l’oreille. »

« Voilà où nous en sommes. D’un côté, on nous anéantit avec des sortilèges, et d’un autre on nous anéantit avec des médicaments et des électrochocs. L’un est un voyou et l’autre, un imbécile. L’un veut voler la fleur ; l’autre veut voler la lumière. »

La fabuleuse critique de Maureen !https://bazardelalitterature.com/2017/11/13/conte-de-graham-joyce/#=_=

Si vous aimez l'étrange, je vous conseille de vous envoler vers  l'Australie à travers la lecture de  "Pique-nique à Hanging Rock, de Joan Lindsay.  

 Tara et Richie durant leur adolescence, tels quels dans mon imaginaire. Coïncidence amusante : le dessin date de l'année de la parution originale du livre  !

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